Lundi, quatre chaînes de supermarchés en Suède et en Belgique ont signalé que leurs réfrigérateurs et congélateurs avaient été attaqués et avaient surchauffé, détruisant des millions de produits alimentaires. En octobre, l’enseigne Ahold Delhaize, l’une des entreprises concernées, avait signalé un précédent incident de cybersécurité à la police néerlandaise. Cet incident a coïncidé avec une cyberattaque en France qui a fait monter pendant la nuit la température des réfrigérateurs et des congélateurs de centaines de magasins jusqu’à 50 °C, provoquant des incendies et la détérioration des aliments.
Ces incidents montrent comment des appareils autrefois exclusivement mécaniques peuvent désormais être surveillés ou contrôlés à distance. Si un appareil domestique se connecte à Internet — directement ou par l’intermédiaire d’une application, d’un service cloud ou du réseau domestique — il pourrait, en théorie, être compromis. En 2015, des chercheurs ont démontré qu’un réfrigérateur connecté Samsung pouvait être attaqué afin d’intercepter une partie du trafic Internet qui le traversait.
Les réfrigérateurs, fours et lave-linge connectés peuvent être vulnérables, tout comme les caméras de sécurité, les sonnettes vidéo, les systèmes d’alarme, les serrures connectées, les thermostats et les systèmes de chauffage central. Même certaines brosses à dents se connectent à Internet. Toutefois, les données de sécurité du secteur indiquent que les routeurs représentent plus des trois quarts des attaques visant les appareils connectés.
Après avoir accédé à un appareil, les pirates peuvent tenter de recueillir des informations ou d’en prendre le contrôle. Une caméra compromise pourrait révéler l’intérieur d’un logement, tandis qu’un appareil équipé d’un microphone pourrait capter des sons. Un pirate contrôlant un thermostat ou un réfrigérateur pourrait en modifier les réglages ou l’allumer ou l’éteindre. Dans les cas les plus graves, un appareil mal sécurisé pourrait servir de passerelle vers d’autres systèmes du même réseau ou exposer des informations personnelles associées à des comptes en ligne.
Des chercheurs en cybersécurité ont également mis en évidence des vulnérabilités dans les véhicules connectés. En 2015, des chercheurs ont pris à distance le contrôle d’une Jeep en mouvement par l’intermédiaire de son système de divertissement connecté à Internet, ce qui a entraîné le rappel d’environ 1,4 million de véhicules et des correctifs logiciels. Des années plus tard, des chercheurs ont révélé une faille qui leur permettait de localiser, déverrouiller et démarrer certains véhicules Kia à partir du seul numéro d’immatriculation. Ils ont déclaré que Kia avait corrigé les vulnérabilités en quelques mois et qu’aucun élément ne prouvait qu’elles avaient été exploitées lors de véritables attaques.
Les infrastructures critiques, notamment les réseaux d’électricité et d’approvisionnement en eau, disposent généralement de plusieurs niveaux de sécurité, de surveillance et de réglementation dont les appareils grand public sont dépourvus. Cela ne les rend pas immunisées contre les cyberattaques, mais elles sont généralement plus difficiles à cibler qu’un appareil connecté au réseau Wi-Fi domestique.
Les spécialistes de la sécurité recommandent de modifier les mots de passe par défaut, d’activer l’authentification à deux facteurs lorsqu’elle est proposée et d’installer régulièrement les mises à jour logicielles. Les consommateurs devraient également remplacer les appareils qui ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité, conserver la plupart des appareils sur un réseau local et ne les connecter à Internet que lorsqu’il existe une raison précise de le faire. Moins il y a d’appareils connectés, moins il existe de points d’entrée potentiels pour les pirates.
Sources: Folha Mercado.