La demande de produits structurés est restée soutenue ces dernières années. Les investissements ont dépassé 70 milliards d’euros en 2025, selon le fournisseur de données SRP, et les collectes du premier trimestre 2026 ont augmenté de 35 % sur un an.
Ces produits sont conçus pour fonctionner pendant une durée déterminée et offrir des rendements liés à un actif sous-jacent, comme une action, un indice ou un taux d’intérêt. Selon leur structure, ils peuvent également assurer une protection partielle ou totale du capital à l’échéance. Les rendements moyens des produits arrivés à échéance ont varié de 4,9 % en 2020 à 8,5 % en 2025, tandis que seul un très petit nombre d’entre eux a entraîné des pertes pour les investisseurs.
L’intérêt pour ces produits a été soutenu par le retour des structures garantissant le capital à l’échéance. Environ un tiers des produits émis au cours des deux dernières années comportaient une telle garantie et offraient un coupon annuel conditionné au maintien ou à la baisse des taux d’intérêt. Cette structure a particulièrement séduit les souscripteurs d’assurance-vie qui cherchaient à diversifier leurs placements tout en limitant les risques.
Cependant, les taux d’intérêt n’ont pas suivi la trajectoire attendue de baisse régulière. Certains de ces produits ont donc temporairement cessé de verser des coupons, et leur valeur de marché a diminué d’environ 15 % à 20 %.
Cette baisse ne signifie pas nécessairement que les investisseurs subiront une perte. Pour les produits assortis d’une protection du capital à l’échéance, une vente à prix réduit sur le marché secondaire transformerait la baisse de valeur en perte réalisée ; conserver le produit signifie que la diminution peut rester seulement théorique. Les coupons non versés représentent toutefois des revenus que les investisseurs n’ont pas perçus.
Olivier Malteste, directeur des investissements chez Yomoni, a indiqué que certains produits misant sur une baisse des taux ne verseraient pas de coupons, même s’ils avaient généralement déjà distribué une partie du rendement attendu. Il a ajouté qu’il n’était pas certain que les taux d’intérêt restent durablement élevés et a déclaré que vendre maintenant un produit protégé en capital pourrait revenir à renoncer à sa garantie. La décision dépend donc de la situation de chaque investisseur.
Si la hausse des taux a pénalisé certaines générations antérieures de produits, elle offre également aux fournisseurs davantage de possibilités pour concevoir de nouvelles solutions susceptibles d’afficher des rendements plus élevés.
Sources: Le Monde Économie.