De nombreux employés retournent au bureau une grande partie de la semaine de travail, mais ont toujours peu de contacts en personne avec leurs collègues, selon une étude de la Banque fédérale de réserve de New York. Dans une enquête menée auprès de 1 835 travailleurs diplômés de l’enseignement supérieur, 48,8 % ont déclaré n’avoir participé à aucune réunion en face à face lors de leur dernière journée de travail au bureau.
Les employeurs ont invoqué la collaboration, la productivité et le mentorat pour justifier l’obligation faite au personnel de venir travailler sur place. Mais les chercheurs ont constaté que la présence au bureau ne se traduit souvent pas par de telles interactions. Les jours où ils travaillent au bureau, 70,6 % des répondants avaient au moins un coéquipier travaillant ailleurs, et plus d’un tiers ont déclaré n’avoir participé à aucune réunion, qu’elle soit en personne ou hybride.
L’enquête a également révélé que 37 % des répondants avaient participé à au moins une réunion virtuelle alors que tous les participants se trouvaient dans le même bureau. Les chercheurs décrivent une situation dans laquelle les employés font le trajet jusqu’au bureau uniquement pour participer à des visioconférences et échanger des messages en ligne.
Les auteures, Natalia Emanuel, économiste de recherche à la Fed de New York, et Emma Harrington, professeure d’économie à l’Université de Virginie, indiquent que l’expérience du travail à distance des collègues est plus répandue que ne le laisse penser la proportion d’employés entièrement en télétravail. Elles citent comme facteurs contribuant à ce décalage les équipes réparties entre plusieurs bureaux, les employés qui ne respectent pas les règles de présence et les employeurs qui ne les font pas appliquer strictement.
Réalisée en septembre, l’enquête visait à fournir une estimation prudente, selon les chercheuses, car les entreprises augmentent souvent la présence au bureau après l’été et que la période entre la fête du Travail et Thanksgiving comporte généralement moins de télétravail que les périodes de vacances.
Les chercheuses soulignent que leur enquête ne mesure pas les relations avec les collègues qui ne font pas partie des équipes des répondants, ni les contacts en personne avec les clients, qui peuvent avoir lieu hors du bureau. Elles notent également que les employés apprécient souvent de voir leurs collègues, mais soutiennent que les bureaux offrent de moins en moins cet avantage.
Les auteures indiquent que ces résultats pourraient avoir des conséquences sur le bien-être des travailleurs et sur la manière dont les organisations sont structurées. Elles ne recommandent toutefois pas d’abandonner les obligations de présence au bureau, estimant que le respect régulier des politiques de présence peut contribuer à garantir aux employés les contacts en face à face qu’ils recherchent.
Sources: CNBC Markets.